Art et patrimoine

, par jacques

[*Le placement en œuvres d’art*]

Paradoxe du marché de l’art : aujourd’hui et comme dans le passé, le placement en œuvre d’art reste le leader des investissements financiers avec des gains moyens bien supérieurs aux autres placements. Alors que vos PEA n’ont pas arrêté de s’effondrer, que la performance des investissements immobiliers reste médiocre au point de n’apparaitre plus que des solutions de sauvegarde, le prix moyen des œuvres d’art – mises en vente par le galeries et les ventes aux enchères - s’est accru de plus de 50% durant ces dix dernières années. Alors que la majorité des artistes – même de renom – ont des revenus limités après avoir connu longtemps la précarité, alors que beaucoup de galeristes travaillent à la limite de la survie, le marché est particulièrement porteur pour le collectionneur qui sait mener sa barque. C’est une option majeure pour la « diversification de patrimoine ».


[*Les placements prometteurs*]

Toutefois, en considérant le nombre élevé d’artistes et même d’artistes de qualité, et la fluctuation des cours, le collectionneur devra faire preuve de discernement :

D’abord on ne collectionne bien que ce que l’on aime, et même ce que l’on aime beaucoup. C’est un autre paradoxe : contrairement à l’investisseur en bourse, le collectionneur avisé est un passionné. Il a aiguisé son regard, sa sensibilité par la fréquentation régulière des artistes et des galeries qui les présentent. Il définit, cible et approfondit ses goûts : art abstrait, nouvelle figuration, expressionisme, photographie, dessin, école régionale particulière, et tant d’autres possibilités.

Deux pièges sont probablement à éviter :

L’achat, forcement au plus haut de leur cote, d’œuvres d’artistes médiatiques privilégiés par les organismes français de l’art « officiel », par la presse spécialisée et surtout par ce qui est de plus en plus dénoncé sous le nom de « financial art », un ensemble de mécanismes très artificiels, véritables pyramides de Ponzi qui s’écrouleront rapidement sous le poids de leur indigence artistique. Même pour les contemporains de grande qualité reconnue (Soulages, Morellet, Combas par ex.), il n’y a probablement plus d’espoir de croissance des cotes : il fallait y penser il y a trente ans !

L’accumulation de travaux d’artistes en herbe qui peuvent parfois présenter des travaux plaisants mais qui ne se sont pas encore engagés pleinement dans une création personnelle exigeante. La cohérence d’un parcours artistique est un critère qui doit être mis au premier plan. Cela ne vous empêche pas d’acquérir une petite œuvre qui vous a plu. Mais la perspective de dénicher le futur Van Gogh est vraiment très limitée : ce n’est surement pas une option patrimoniale.

En revanche, en tant qu’investissement patrimonial, il est important d’identifier et de cibler des artistes vraiment « émergents » et à fort potentiel : c’est-à-dire des artistes qui ont déjà fait leurs preuves, ont un parcours solidement établi (voir la liste des expositions et des acquisitions), ont une bibliographie de qualité (leurs écrits, ceux des autres), et qui surtout garde un vrai potentiel de croissance du fait de leur âge, de la détermination et de la cohérence de leur engagement artistique.

Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de différences de prix significatives entre les différents lieux d’achat : le prix d’une œuvre est sensiblement la même dans une galerie, dans le stand d’une foire d’art ou directement à l’atelier de l’artiste. Seules les ventes aux enchères (hors ventes caritatives et enchères internationales) proposent des œuvres dont les prix peuvent être plus réduits, mais il s’agit en principe d’œuvres « de seconde main » dont leurs propriétaires ont voulu se défaire.

[*La fiscalité des œuvres d’art*]

[**Pour les particuliers*] :

Les œuvres d’art ne sont pas prises en compte dans la base de l’ISF.

Succession : les œuvres d’art sont habituellement incluses dans les 5% forfaitaires de « meubles meublants ». Attention : si les œuvres sont vendues aux enchères dans les deux ans, il faudra retenir le prix de vente dans la succession. Il ne faut pas non plus avoir réalisé un inventaire des œuvres rendu public, la collection doit être vraiment personnelle.

En cas de vente :
Œuvre d’un prix inférieur à 5 000€ : pas d’impôts sur la plus-value éventuelle.
Œuvre d’un prix supérieur à 5 000€ :
 Soit une taxe forfaitaire : 5% du prix de la transaction (4,5% impôt + 0,5% de CRDS).
 Soit un impôt sur la plus-value : 34,5% (19% impôts + 15,5% de forfait social) du différentiel prix de vente-prix d’achat, avec un abattement de 10% par an (au-delà de 2 années de conservation). D’où l’intérêt de garder ses factures d’achat : pas d’impôts à partir de 12 années.

[**Pour les entreprises*] :

Lors d’acquisition d’œuvres d’artistes vivants et si les oeuvres doivent sont inscrites à l’actif de la société (en immobilisation), le prix d’achat est déductible du revenu imposable de la société,
[**à raison de 20% par an pendant 5 ans*] (par le bais des amortissements de l’immobilisation), dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaire (après déduction des dons effectués (association, mécénat),
à la condition que l’œuvre soit exposée au vu des salariés et/ou des clients.