La fascinante douceur des Regards de Martine Bligny

, par jacques

A l’origine de chacun des tableaux de Martine Bligny, il y a la rencontre fortuite avec une représentation humaine ayant pouvoir d’étrangeté et de mystérieuse fascination pour l’artiste : quelque chose comme une fragilité, une faille qui permettrait de s’introduire à l’intérieur de l’image et dans ce qu’elle sous-tend d’irréalité, de rêve et d’intemporalité.

La peinture devient alors cette recherche de la présence entrevue ou espérée. C’est un exercice délicat et précis, comme le travail d’un alchimiste, et qui tient bien sûr de la magie, car il s’agit de faire surgir de la matière- même comme une vérité ou une lumière d’ordre spirituel.

Les ingrédients et la technique de la peinture de Martine Bligny sont uniques et doivent garder leur caractère secret. Ses gestes sont ceux d’un rituel quasi religieux qui ne peut se dérouler que dans la pénombre et le silence, pour mieux saisir les présences et leurs regards au moment de leurs surgissements. Ces regards viennent du plus profond de l’être et du plus loin de notre histoire commune. Ils sont sont ceux du recueillement, du mystère, de la prière, de l’apaisement et de l’intériorité sereine, face à la frénétique extériorisation de nos contemporaines certitudes.

[*Pierre Souchaud*]